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Délégation de mandat immobilier : règles et partage

Délégation de mandat immobilier : ce que la loi exige, la différence avec l'apport d'affaire, le partage d'honoraires et comment sécuriser sa commission.

Tom 5 min de lecture
Deux professionnels de l'immobilier échangeant des documents autour d'une table
Écritobligatoire
Forme exigée du mandat immobilier
Loi n° 70-9 (Hoguet), art. 6 · 1970
Registrenuméroté et tenu à jour
Enregistrement des mandats
Décret n° 72-678, art. 72 · 1972
50 / 50entre les deux agences
Partage d'honoraires couramment observé
Usage professionnel · 2026

La délégation de mandat immobilier revient dès qu'un professionnel cherche un bien pour son acquéreur et tombe sur une perle détenue par une autre agence. La question qu'il se pose alors n'est pas vraiment juridique, elle est commerciale et probatoire : comment présenter ce bien à mon client sans me faire contourner, et comment sécuriser ma part d'honoraires ? Cet article distingue la délégation des montages voisins, rappelle ce que la loi exige, et explique honnêtement ce qui protège vraiment et ce qui ne protège pas.

Délégation de mandat immobilier : de quoi s'agit-il ?

La délégation de mandat est l'opération par laquelle une agence titulaire d'un mandat en confie tout ou partie à une autre agence, qui commercialise alors le bien en son nom. Le mandat de départ, conclu entre le vendeur et la première agence, reste le socle : la délégation vient s'y greffer, elle ne le remplace pas.

Pour être valable, elle suppose deux choses. D'abord, le mandat initial doit autoriser la délégation, ou le mandant doit y consentir : une agence ne peut pas sous-traiter un mandat qui le lui interdit. Ensuite, une convention écrite doit lier les deux professionnels, car le mandat immobilier est, par principe, un contrat écrit au sens de l'article 6 de la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970.

Délégation, apport d'affaire, co-visite : ne pas confondre

Trois situations sont régulièrement mélangées alors qu'elles n'emportent pas les mêmes droits. La délégation transfère la commercialisation, l'apport d'affaire se limite à une mise en relation, et la co-visite n'est qu'un acte matériel. Confondre les trois, c'est risquer de réclamer une part qu'on n'a pas juridiquement acquise.

MontageCe que c'estCe que le droit attendRémunération
Délégation de mandatUne agence commercialise le mandat d'une autreAutorisation du mandant, convention écrite, traçabilité au registrePartage d'honoraires convenu
Apport d'affaireMise en relation sans porter le mandatConvention d'apporteur écriteCommission d'apport
Co-visite / bon de visiteFait matériel de la visitePreuve d'une visite, rien de plusAucune, sans convention

La ligne de partage utile est simple : qui porte la responsabilité vis-à-vis du mandant ? Dans la délégation, l'agence déléguée engage sa carte et sa garantie sur la commercialisation. Dans l'apport, l'apporteur reste en dehors du mandat. C'est cette responsabilité qui justifie le niveau de rémunération, pas le seul fait d'avoir montré le bien.

Comment se partagent les honoraires ?

Le partage d'honoraires entre titulaires de carte est libre : la loi ne fixe pas de barème, ce sont les deux professionnels qui conviennent de la répartition. L'usage le plus répandu est un partage 50 / 50, mais il se négocie selon l'apport réel de chacun, celui qui détient le mandat et celui qui amène l'acquéreur.

  • Fixer la clé de répartition par écrit, avant la vente, jamais après coup.
  • Préciser qui facture le client et comment la part de l'autre lui est reversée.
  • Numéroter la convention et la rattacher au registre des mandats des deux agences.
  • Prévoir le sort de l'accord si l'acquéreur se rétracte ou si la vente échoue.

Ce partage n'est ouvert qu'entre professionnels titulaires d'une carte. Un mandataire agit sous la carte de son mandant : c'est donc ce titulaire qui est partie à la convention, pas le mandataire à titre personnel. Le point est important pour savoir qui signe et qui répond.

Le vrai sujet : sécuriser sa part sans se faire contourner

Le risque de contournement est la hantise légitime de tout professionnel qui présente un bien détenu par un autre. Et sur ce point, une idée reçue coûte cher : le bon de visite ne suffit pas à lui seul à fonder un droit à commission. Il prouve qu'une visite a eu lieu, pas qu'un accord de partage existait, ni que vous êtes à l'origine de la vente.

Ce qui protège vraiment, c'est l'antériorité écrite et datée : la trace de qui a présenté quel bien, à quel client, à quelle date, et avec quel accord préalable. Un échange écrit qui acte la délégation et la clé de partage avant la première visite pèse infiniment plus qu'un bon de visite signé à la va-vite sur le pas de la porte.

  1. Formaliser l'accord de délégation et de partage par écrit avant de montrer le bien.
  2. Dater et conserver chaque échange qui établit que vous êtes à l'origine de la mise en relation.
  3. Faire signer un bon de visite, mais comme complément de preuve, pas comme protection unique.
  4. Rattacher le tout au registre des mandats pour une traçabilité opposable.

Où la recherche de biens rencontre la délégation

La délégation n'est pas un cas rare : dès qu'on travaille sérieusement le mandat de recherche d'un acquéreur, on finit par cibler des biens détenus par d'autres agences, et il faut alors formaliser vite et proprement. C'est exactement le moment où un bon outil de sourcing fait la différence, en amont de la relation inter-agences.

Un moteur de recherche IA comme Affynx aide à trouver le bien qui correspond au projet de l'acquéreur, même détenu ailleurs, et à préparer un contact inter-agences argumenté. Il s'arrête là où commence votre métier : il ne gère ni le mandat, ni le partage, ni la commission, ce n'est pas un logiciel de transaction. Pour aller plus loin sur cette approche, voyez notre méthode de sourcing acquéreur et le sujet des biens off-market, souvent au cœur des délégations. Le guide de l'IA en immobilier resitue le tout.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la délégation de mandat immobilier ?

C'est l'opération par laquelle une agence titulaire d'un mandat en confie tout ou partie à une autre agence, qui commercialise le bien en son nom, avec un partage d'honoraires convenu.

La délégation de mandat est-elle légale ?

Oui, à condition que le mandat initial l'autorise et qu'une convention écrite encadre la relation entre les deux professionnels titulaires d'une carte.

Quelle différence entre délégation et apport d'affaire ?

Dans la délégation, l'agence déléguée commercialise le bien. Dans l'apport d'affaire, un professionnel se contente de mettre en relation, sans porter le mandat, contre une rémunération d'apporteur.

Comment se partagent les honoraires ?

Le partage est libre entre titulaires de carte. La répartition la plus courante est 50 / 50, mais elle se négocie selon l'apport de chacun et se fixe par écrit avant la vente.

Le bon de visite protège-t-il ma commission ?

Pas à lui seul. Le bon de visite prouve qu'une visite a eu lieu, pas qu'un droit à commission est acquis. C'est l'antériorité écrite et tracée qui protège réellement.

Faut-il inscrire une délégation au registre des mandats ?

Le mandat et ses avenants doivent être numérotés et tenus au registre des mandats. La convention de délégation s'inscrit dans cette traçabilité, côté agence délégante comme déléguée.

Peut-on déléguer un mandat à un mandataire ?

La délégation se fait entre titulaires de carte. Un mandataire agit sous la carte de son mandant, c'est donc ce titulaire qui est partie à la convention de délégation.

Comment éviter le contournement entre agences ?

En traçant par écrit qui a présenté quoi, à qui et quand. Cette antériorité documentée, plus qu'un simple bon de visite, est ce qui tient devant une contestation.

Sources

  1. 1.Loi n° 70-9 du 2 janvier 1970 (loi Hoguet), art. 6Légifrance (1970-01-02)
  2. 2.Décret n° 72-678 du 20 juillet 1972 (registre des mandats)Légifrance (1972-07-20)
  3. 3.Carte professionnelle d'agent immobilierService-Public.fr
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Tom

Fondateur d'Affynx. Je conçois des outils d'intelligence artificielle pour aider les professionnels de l'immobilier, agents, mandataires et chasseurs, à sourcer et trouver le bien qui correspond vraiment au besoin de leurs acquéreurs.